Tour à tour : GP de Malaisie 2017

Aujourd’hui, je tente un nouveau concept. Je reprends tour après tour le déroulement de la course, et vous livre mes analyses fines et délicates sur les événements en cours.

Le but n’est pas de passer des heures et des heures à travailler un article détaillé, mais plutôt de rester dans l’instantané, in the heat of the moment, dixit Noel Gallagher. A noter que je regarde en ce moment les GP sur la RTBF, et qu’il est possible que je sois un peu taquin envers notre ami Gaétan Vigneron. Ce que vous vous apprêtez à lire est un premier essai. Je ne sais pas si je continuerai sur des bases régulières mais le principe m’amuse.


Avant le départ : Les mécaniciens ramènent la voiture de Raikkonen au box. Un problème de turbo force le finlandais à ne pas prendre le départ sur la grille et à abandonner quelques minutes plus tard. En tout cas, c’est tout bon pour Hamilton qui partira seul de la première ligne. Notre ami Gaétan Vigneron nous annonce qu’il va pleuvoir pendant la course.

Départ : Bon envol d’Hamilton qui conserve facilement la tête. Bottas se sent pousser des ailes et tente l’extérieur au premier virage, il s’en faut de peu pour qu’il prenne la seconde place. Ocon est pris en sandwich entre son équipier et une Williams, il ne peut éviter l’accrochage. Les tifosi invoquent la jurisprudence Singapour 2017 et clament que le Français aurait dû piler et laisser passer tout le monde.

Tour 1 : Vettel fond sur Palmer qui contre toute attente livre une belle défense. Sur un virage seulement, certes, mais quand même.

Tour 2 : Le premier tour a été excellent pour Vandoorne. Rappelons qu’il est belge. Même s’il est flamand, les Wallons sont fiers.

Tour 3 : Ocon est contraint de rentrer aux stands, sa voiture étant endommagée. Vettel a fait la jonction avec Alonso. La lutte s’annonce belle, Alonso ayant en plus une voiture qui le rabaisse au niveau de Vettel.

Tour 4 : Verstappen se jette à l’intérieur au premier virage, dépassement autoritaire et fort audacieux, mais ça passe crème. Le Néerlandais (qui rappelons-le, est quand même plus belge que néerlandais) prend la tête de la course. Les Wallons sont fiers.

Tour 7 : Vandoorne s’incline face à Perez. Le commentateur laisse entendre que si le moteur Honda faisait 15 chevaux de plus, Vandoorne mènerait la course. Mais ce n’est pas bien grave puisque c’est déjà un Belge qui mène.

Tour 8 : Pendant 5 tours, la défense d’Alonso a été héroïque : « Mais non Nando ! Pas comme ça, pars pas si large ! Ha si ! replonge à l’intérieur, oui oui ouiiiii, ça ressort bien du dernier virage c’est beeaauuu ». Bref, il a beau être derrière Vandoorne (ce qu’on ne manque pas de souligner plusieurs fois à la RTBF), il nous prouve toute l’étendue de son talent quand il s’agit de se battre. Ceci dit, les choses rentrent dans l’ordre quand Vettel trouve enfin l’ouverture.

Tour 9 : Après une passe d’arme qui s’est étendue sur plusieurs tours, Ricciardo trouve enfin l’ouverture sur Bottas. Et c’est une nouvelle fois de toute beauté. Les Red Bull Boys sont chauds. Vettel enchaine et dépasse Magnussen en fin de tour. « Vettel attaque Magnussen » entend-on à la RTBF. Personnellement, je n’ai vu aucune attaque, seulement un Danois en perdition qui s’est écarté bien comme il faut en pensant se faire prendre un tour.

Tour 10 : On ne s’ennuie pas en ce début de course dites donc. Alonso a tout donné face à Vettel, il s’est rendormi, la course ne comportant désormais plus aucun enjeu pour lui.

Tour 14 : Vandoorne sort des stands en plein milieu des deux Williams qui se battent comme des beaux diables (oui, Malbranque est mon deuxième dieu après Vigneron). La manœuvre de Vandoorne est magnifique et il prend l’avantage sur les deux autres larrons alors que ses pneus sont froids. Le formulix que je suis ne peut qu’apprécier une telle manœuvre. L’homme que je suis ne peut que regretter ce qu’il vient de se passer tant notre ami de la RTBF en devient insupportable.

Tour 21 : Vettel dépasse Perez pour la cinquième place. Verstappen continue son cavalier seul. Je ne vois pas qui pourrait lui ôter la victoire à part son moteur.

Tour 24 : Ocon continue sa remontée fantastique, dans l’ombre de celle de Vettel ceci dit. Il attaque Sainz par l’extérieur au premier virage. Il laisse bien de la place pour deux voitures à l’intérieur, mais ce n’est visiblement pas assez pour la fine lame espagnole. Les deux s’accrochent, Ocon part en tête à queue, mais Sainz ne perd presque pas de temps.

Tour 27 : Hamilton stoppe et repart en softs.

Tour 28 : Verstappen et Vettel suivent Hamilton. Vettel est à contresens du peloton en termes de stratégie. Il est parti en softs et vient de passer les super softs. Je sens qu’il va se mettre à pleuvoir pile quand ses pneus commenceront à perdre en performance.

Tour 29 : Bottas qui était tout juste devant Vettel avant son arrêt s’engouffre dans les stands. Pourquoi ne l’a-t-on pas arrêté un tour plus tôt ? Mystère. C’est Vettel qui se frotte les mains, il gagne son duel sans même avoir combattu. En même temps, je me dis que ça arrange tout le monde : Vettel parce qu’il n’aura pas à prendre de risque, Bottas parce qu’il n’aura pas à être ridicule.

Tour 30 : Le public wallon impute la responsabilité de l’incident Sainz/Ocon à 59% au pilote Force India. Je comprends de plus en plus les Flamands. Sainz est contraint à l’abandon. Je ne peux m’empêcher de lâcher un petit « Karma, bitch ! ».

Tour 31 : Ça pend sous la voiture de Ricciardo. Vues les étincelles, ça doit être du carbone ou un feu d’artifice made in China lancé par des spectateurs. C’est fort joli, mais je verrais bien les commissaires le pénaliser au moment où Vettel entamera sa charge contre lui…

Tour 32 : Alonso attaque Magnussen qui, curieusement, défend cette fois comme si ça vie en dépendant. L’Ibère fait de nouveau étalage de son génie en plongeant à l’intérieur, puis en tentant de tenir l’extérieur. Magnussen lui laisse à peu près 20 centimètres de piste, et les deux finissent par se toucher. Alonso prend l’avantage malgré ça.

Tour 37 : Palmer en tête à queue. J’ai du mal à y croire. Il a forcément un problème technique.

Tour 38 : Hé bah en fait, ça va bien pour Palmer qui continue sa course flamboyante. Malheureusement, le non moins flamboyant Magnussen est revenu dans ses échappements et va tenter un dépassement. Tout ça sous le museau d’une RBR qui tente de leur prendre un tour. C’est chose faite dans la ligne droite, alors que Magnussen prend l’avantage sur Palmer qui ne l’entend pas de cet œil-là. Le pilote Renault plonge à l’intérieur, perd une nouvelle fois le contrôle de sa monoplace, passe à 10 centimètres de la pauvre Red Bull, touche Magnussen deux fois avant de finir sa course sur le bas-côté, à contre-sens. Du grand art.

Tour 42 : Massa a bien appris au contact de Vettel et Magnussen : « Si un pilote se porte à votre hauteur, tassez-le en dehors de la piste, ainsi il ne pourra pas passer. » Il met d’ailleurs en pratique ses nouvelles connaissances face à Ocon.

Tour 44 : Gaétan Vigneron qui croyait dur comme fer qu’il allait pleuvoir une heure plus tôt, croit désormais dur comme fer qu’il ne pleuvra pas. Je me sens désorienté.

Tour 45 : Le dernier enjeu du GP est de savoir si Vettel va monter sur le podium. Il revient comme un boulet (de canon ? J’hésite) sur Ricciardo alors troisième.

Tour 46 : Le prochain pilote à se faire dépasser par Ricciardo et Vettel est Alonso, je sens que l’on va vivre un bon moment.

Tour 48 : Vettel est tout proche de Ricciardo, lui-même dans les échappements d’Alonso. Ce dernier élargit sa trajectoire au premier enchainement, avant de subitement reprendre la trajectoire idéale après le passage de la Red Bull. Il restera intercalé entre Ricciardo et Vettel encore 3 virages. Il finit par s’écarter après avoir fait perdre à Vettel plus d’une seconde. « Heeeey, what a … hmm. Come oooon Alonso, really ? I thought you were better than this. » Vettel fulmine, je jubile.

Tour 49 : Je ne peux m’empêcher de remarquer à quel point la résistance d’Alonso est héroïque face à Vettel, même lorsqu’il est à un tour. Il me revient en tête leur passe d’arme au GP du Canada 2015. Il doit y avoir un différend entre ces deux-là, je vais me renseigner.

Tour 50 : Après recherches, Alonso a perdu deux fois le championnat face à Vettel par moins de 3 points avant que celui-ci ne prenne sa place chez Ferrari. Il faudrait peut-être creuser cette piste. Et je ne parle pas de faire des trous sur le circuit.

Tour 52 : Ricciardo reprend du terrain sur Vettel, qui semble avoir rendu les armes. Je me dis que ce sont d’ailleurs certainement ses gommes qui ont rendu les armes. Par contre, je ne sais pas à qui elles les ont rendues. J’ai désormais en tête une image de petits pneus déposant leurs glaives et boucliers aux pieds de César.

Arrivée : Verstappen l’emporte le lendemain de ses 20 ans alors qu’il a déjà gagné un GP il y a un an et demi. Hamilton termine deuxième et reprend 6 points à Vettel, alors qu’il aurait de nouveau dû en perdre. Je suis malgré tout inquiet de voir les Red Bull devant les Mercedes. Espérons qu’on ne vivra pas de courses où les Ferrari domineront devant les Red Bull puis les Mercedes…

Tour d’honneur : Les commissaires sont tous habillés en orange. Je ne savais pas qu’il y avait autant de fans de Verstappen parmi les commissaires malaisiens. Vettel, quant à lui, a eu une soudaine révélation, du genre qui fait s’allumer une petite ampoule au-dessus de votre tête : Il n’avait encore tassé personne de la course. Qu’allait donc devenir sa réputation ? Il fallait remédier à ce problème au plus vite. Heureusement, au loin brillait une monoplace blanche, celle de l’infortuné Stroll. Le fantasque Allemand prend alors la ligne extérieure, et une fois au niveau de la Williams, donne un joli coup de volant.  L’arrière gauche de sa Ferrari vient alors percuter l’avant droit de la Williams. L’arrière de sa Ferrari complètement ravagé, c’est avec le sentiment du devoir accompli que Vettel est pris en stop par Wehrlein. Chose qui, je le rappelle, est évidemment totalement interdite (il parait que c’est un poil dangereux). J’espère qu’une équipe aura la décence d’aller se plaindre auprès des commissaires qui ont d’ailleurs bien roupillé : Aucune pénalité distribuée de tout le GP, et ce ne sont pourtant pas les accrochages qui ont manqué.

Podium : On se congratule, on se serre la main, c’est chouette les podiums. Horner est monté sur une petite caisse pour ne rien rater du spectacle. Il semble content de son astuce et se marre devant la caméra. V’là un truc qu’on pourrait mettre sur son répondeur : « Il est farceur M. Horner ». L’hymne néerlandais retentit, suivi de l’hymne autrichien. Je suis de nouveau désorienté, j’ai l’impression d’écouter la fanfare de mon école qui reprend des titres libres de droits. Il est grand temps pour moi d’aller me recoucher.

 


Remarque : Ayant simplement pris quelques notes au cours du GP, il est probable que certains événements ne soient pas présentés en face du bon tour. Globalement, l’ordre desdits événements est malgré tout respecté. 

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