Petit guide du Monte Carlo 2018

Ça y est, le WRC est le premier championnat du monde à lancer sa saison. Et de quelle manière…

Légende parmi les légendes, le rallye de Monte Carlo est certainement le plus attendu de la saison. Plus que centenaire, le Monte Carl’ a vu passer des centaines d’équipages et de voitures, et les exploits furent nombreux sur ses routes alpestres. Des pionniers de la route des premières éditions, jusqu’au coup d’éclat de Bryan Bouffier en 2014, en passant par la perf’ de Ragnotti et sa R5 ou le plus-que-fameux « J’ai pas tapéééé !! » de Delecour, les histoires – grandes ou petites – ne manquent pas à propos de ce rallye qui demeure, encore aujourd’hui, l’un des plus incertains de la saison. De quoi nous faire vibrer pendant les 4 jours de course donc. Alors qu’attendre de cette édition ?


Le parcours

Plutôt pistard que routard, je dois avouer qu’il m’est assez difficile de juger le parcours d’un rallye. Malgré cela, j’ai quelques petites choses à dire. D’abord, la spéciale d’ouverture Thoard – Sisteron devrait déjà être discriminante, avec notamment un passage par le col de Fontbelle, habituellement fermé à la circulation. Cette première spéciale (jeudi) sera suivie de la spéciale dites « des tourniquets », classique des Monte Carlo d’avant 2000, qui effectue donc un retour bienvenu. Vendredi et samedi, on attend un programme copieux, mais finalement assez classique. Et par classique, je ne veux pas dire ennuyeux puisqu’il comptera routes de montagne, et passage de nombreux cols qui font le charme et la renommée du Monte Carlo. Enfin, dimanche, on passera par le mythique col de Turini mais dans le mauvais sens, et de jour donc. On reste donc loin de la mythique nuit du Turini, mais cette étape spéciale devrait rester intéressante malgré tout. La powerstage, quant à elle, passera par le col de Braus, et ses splendides lacets très appréciés des caméramans du Tour de France.

La météo devrait une nouvelle fois être déterminante sur l’issue de la course. On s’attend même à une première spéciale mixte asphalte et neige / verglas dans le col de Fontbelle notamment. Par ailleurs, les températures devraient être assez douces, et quelques chutes de neiges sont attendues. Les risques de neige au sol, voire de « soupe » puis de routes simplement mouillées sont donc bien présents. L’expérience des pilotes sera donc aussi un facteur clé pour sélectionner les bons boudins.


Les forces en présence

Les favoris ☆☆☆ : Sébastien Ogier, quadruple vainqueur en titre, régional de l’étape, tarmac master, et champion du monde en titre. Besoin d’en dire plus ? Je ne crois pas. Ogier part en quête d’une sixième couronne, et pilote une Fiesta M-Sport, structure désormais officiellement soutenue par Ford. La concurrence semble donc déjà dérisoire. Pourtant, j’ai envie de mettre une petite pièce sur Thierry Neuville. Sa Hyundai est parfaitement affutée, et lui aussi. On le sait déjà ultra rapide mais il lui a manqué un chouïa de constance l’année dernière. D’ailleurs, une sortie de route lui avait fait perdre tout espoir de remporter le Monte Carlo 2017 qu’il dominait pourtant. Il aura donc à cœur de ne plus commettre d’erreurs, et de battre Sebastien Ogier, souvent moins rapide mais beaucoup plus fiable.

Les outsiders ☆☆ : Au premier rang des outsiders, je place Kris Meeke. On espère que la Citroën C3 WRC a bien progressé cet hiver et surtout, qu’elle est devenue plus docile. Si tel est le cas, Kris sera parmi les hommes de têtes. Cependant, sa capacité à ramener la voiture à l’arrivée en un seul morceau fait encore débat. L’année dernière, il avait ponctué son rallye de deux crashs, dont un sur la liaison ! Mais aucun doute à avoir sur ce point : s’il ne fait pas d’erreur, on le retrouvera sur le podium. On surveillera aussi bien entendu les Toyota Boys : Ott Tanak s’est littéralement révélé l’année dernière au volant de la Fiesta. Tanak a été excellent sur toute la saison ou presque, mais on se souvient particulièrement de sa descente désormais mythique du Turini, avec un demi moteur. Il a les moyens d’être dans le match, reste à savoir s’il réussira à s’acclimater à sa nouvelle Yaris d’ici le départ. Jari-Matti Latvala a déjà prouvé sa pointe de vitesse à moultes reprises, et on le sent bien plus en confiance depuis qu’il n’a plus l’encombrant Seb Ogier pour équipier, il faudra le surveiller. Enfin, Andreas Mikkelsen, déjà plusieurs fois sur le podium de ce rallye, aura à cœur de montrer à son nouvel employeur Hyundai qu’il a fait le bon choix. Déjà auteur de très bons résultats durant la saison dernière avec Citroën (un podium), puis Hyundai justement, il n’y aucun doute sur le fait qu’il sera en mesure de faire parler la poudre au volant de la (probablement) meilleure voiture du plateau.

A surveiller quand même  : Dani Sordo est l’un des meilleurs sur asphalte. Si la météo reste clémente, il sera de la partie. Bryan Bouffier dispose de la voiture championne du monde, et a déjà remporté le rallye en championnat d’Europe, puis fini sur le podium en championnat du monde avec une Fiesta privée. Il est fort probable qu’il compense son manque de roulage par son expérience de la montagne, il faudra donc le surveiller. Enfin, Esapekka Lappi, grand espoir de la discipline, ayant décroché sa première victoire pour son quatrième rallye parmi les grands sera certainement aussi un des grands animateurs de cette course.


Mais encore ?

En RC2, la lutte sera belle aussi. Plusieurs favoris émergent : D’un côté Skoda, qui domine la catégorie depuis un long moment, ne peut pas être écartée. Pourtant, le line up fait moins rêver que par le passé. L’expérimenté Jan Kopecky sera épaulé par une jeune garde aux dents longues. D’un côté Ole Christian Veiby, 21 ans, est pourtant loin d’être novice. De l’autre, le Max Verstappen de la discipline (précoce, rapide, fils de), Kalle Rovanpera qui prendra le départ du haut de ses… 17 ans ! Perso, à 17 ans, je galérais encore avec l’embrayage. Ford M-Sport fera donc office de favorite, avec Eric Camilli, espoir français plutôt décevant jusqu’ici et qui n’a plus d’autre choix que de briller, et Teemu Suninen, déjà auteur de solides résultats en mondial, qui représente l’avenir de M-Sport. Face à eux, de nombreux privés seront à surveiller : Kevin Abbring (ancien pilote Hyundai) sur Ford Fiesta R5 ; le jeune Guillaume De Mevius, sur Peugeot 208 R5 ; Quentin Giordano et Mathieu Arzeno (vainqueur de la coupe de France des rallyes 2017) sur Skoda Fabia R5 ; et Stéphane Sarrazin que l’on ne présente plus, sur Hyundai i20 R5.

A tout cela s’ajoutera le bal des RC3, RC4 (dont Yoann Bonato et Gus Greensmith), GT et anciennes WRC. Bref, il y aura de quoi faire. Vous l’aurez donc compris, quelle que soit la catégorie, la course est très ouverte, et sera passionnante à suivre, surtout si la météo s’en mêle. Il ne reste plus qu’à bloquer son WE, et à ne rien rater des explications entre ces équipages déjà prêts à en découdre !

Les deux adresses à retenir pour suivre le rallye :

Rallye-sport (pour les chronos et toutes les infos) & Alpes 1 (pour le live radio à l’ancienne)

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